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FONDATION JÉRÔME SEYDOUX-PATHÉ

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Cycle

Sessue Hayakawa

Du  20/03/24  au  16/04/24 


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Pour le grand public, l'acteur japonais Sessue Hayakawa restera à jamais le sadique colonel Saïto dans The Bridge on the River Kwai/ Le Pont de la rivière Kwaï (1957, David Lean), pour les cinéphiles avertis en revanche, c'est sa performance dans The Cheat/ Forfaiture (1915, Cecil B. DeMille) qui marquera encore longtemps l'histoire du cinéma. Louis Delluc ne disait rien d'autre lorsqu'il écrivait dans la revue Le Film d'août 1917 : « de Hayakawa on ne peut rien dire : c'est un phénomène » !


Immigré aux États-Unis en 1907, Sessue Hayakawa, né en 1886, emprunte le chemin du cinéma par l'entremise d'une actrice qui deviendra son épouse en 1914, Tsuru Aoki. Elle incarne le premier rôle dans O Mimi san (1914, Charles Miller), métrage dans lequel Hayakawa fait sa première apparition à l'écran. Produit par la New York Motion Picture Company dirigée par Thomas H. Ince, le film témoigne d'un goût prononcé pour un exotisme extrême-oriental, alors en vogue. Pour la firme, l'acteur tient indifféremment des rôles de personnages asiatiques, dans The Wrath of the Gods / La Colère des dieux (1914, Reginald Barker et Raymond B. West) et The Typhoon / L'Honneur japonais (1914, Reginald Barker) par exemple, aussi bien que des personnages d'Amérindiens comme dans The Last of the Line (1914, Jay Hunt) et The Death Mask (1914, Thomas H. Ince).


En 1915, Sessue Hayakawa signe un contrat auprès de la Jesse L. Lasky Feature Play Company. Cecil B. DeMille en est le directeur artistique, signe d'une qualité de mise en scène (cadrage, mouvements de caméra, éclairage) qui permet au jeu de Sessue Hayakawa de s'épanouir. Le comédien s'impose dans The Cheat et intègre ainsi le star system aux côtés de Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks ou encore William S. Hart. Là encore, Hayakawa alterne des rôles de personnages d'origine variée avec, toujours, un jeu tout en retenue et précision comme dans The Secret Game (1917, William C. DeMille) et Forbidden Paths / Le Sacrifice de Sato (1917, Robert T. Thornby).


Cette notoriété acquise, Hayakawa fonde en 1918 sa propre société de production cinématographique, la Haworth Pictures, qui lui permet de mieux imposer sa position de premier rôle. His Birthright / Fils d'amiral (1918), The Man Beneath / Âmes hindoues (1919), The Dragon Painter / Abnégation (1919), The Tong Man / Le Lotus d'or, tous réalisés par William Worthington, marquent clairement un changement de statut pour l'acteur. La condition des immigrés asiatiques aux États-Unis empêche malheureusement Hayakawa de poursuivre sur sa lancée. De passage en France, l'acteur est remarqué dans un beau film d'espionnage, La Bataille (1923, Édouard-Émile Violet), adaptation d'un roman de Claude Farrère.


Passé la période muette, la carrière de Sessue Hayakawa faiblit. Après quelques années passées au Japon, l'acteur revient en France tourner aux côtés de cinéastes de renom. Il incarne notamment un coolie prêt à tous les sacrifices pour sauver l'honneur de sa patronne dans Yoshiwara (1937), mis en scène par Max Ophüls, et une reprise de son fameux rôle de The Cheat dans un remake français, Forfaiture (1937), signé par Marcel L'Herbier. L'acteur japonais tourne encore quelques films français jusqu'au milieu des années quarante, série de films qui ne laissera pas de grandes traces dans les mémoires cinéphiles, avant de connaître un lent déclin que le succès public de The Bridge on the River Kwai n'endigue pas.


David Auvray


Les séances sont accompagnées par les pianistes issus de la classe d'improvisation de Jean-François Zygel (CNSMDP).


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