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Parmi mes films muets préférés
George Sadoul, auteur de la bible en six volumes L’Histoire du Cinéma Mondial, enseignait à l’IDHEC (FEMIS). Il nous projetait un chef d’œuvre du muet chaque semaine. Je ne me serais pas lancé dans les mêmes aventures cinématographiques sans ces projections scolaires. Je n’ai jamais oublié les fondamentaux : le cinéma est l’Art du récit en images.
Chez les Anglosaxons, on s’installe toujours devant l’écran d’un movie theater, pas d’un talkie-theater malgré l’adjonction, il y a cent ans (1926) de la bande son et du dialogue. Au Quebec, on persiste à demander à la sortie d’un film si : « on a bien joui aux images ? »
Les grandes salles aux grands écrans ont été créées pour accueillir le souffle d’images puissantes, comme celles des épopées russes d’Eisenstein (La Grève, 1925) ou de Poudovkine (Tempête sur l’Asie, 1928), l’érotisme délicat de Pabst (Loulou, 1929), les plans de l’ancêtre du steadycam, la « camera déchaînée » inventée par Murnau (Le Dernier des hommes, 1924), les étourdissantes prises de risque des burlesques américains venus du vaudeville, de Keaton (Les Fiancées en folie, 1925) à Chaplin (Le Cirque, 1928), parodiant l’élégance chic de notre super-star française de l’époque, Max Linder (Programme Max Linder). Mais aussi le premier documentaire d’ethno fiction filmé sur place au Groenland par Flaherty (Nanouk l’esquimau, 1922)
L’Amérique se peuplant de migrants maîtrisant mal la langue du pays d’accueil, Hollywood est contraint de privilégier le visuel : son public local est international.
Jusqu’au milieu des années précédant la Première Guerre mondiale, les productions françaises de Pathé, Gaumont, Éclair, dominent le marché, fournissent plus des trois-quarts des films vus dans le monde. Après le massacre des acteurs et réalisateurs dans les tranchées de 14-18, notre cinéma se relève au début des années Vingt avec l’ambitieux Abel Gance (La Roue, 1923), les poètes Jean Epstein (Cœur fidèle, 1923), Marcel l’Herbier (Le Vertige, 1920), René Clair (Entr’acte et Paris qui dort, 1924/1925), tous trois influencés par le Surréalisme, comme la réalisatrice et théoricienne militante Germaine Dulac (Programme Germaine Dulac).
L’américain Edison a inventé la caméra, les Frères Lumière français la projection en salle. Reste que le premier metteur en scène de fiction demeure l’illusionniste Georges Méliès, inventeur inspiré de l’imaginaire et du rêve pour l’écran (Programme Georges Méliès).
Jean-Jacques Annaud
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