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FONDATION JÉRÔME SEYDOUX-PATHÉ

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Exposition temporaire

ÉCRANS SOUS CONTRAINTES. Le Cinéma pendant l’Occupation

Du  27/11/26  au  10/07/27 

ÉCRANS SOUS CONTRAINTES

Le Cinéma pendant l’Occupation

Exposition 27 novembre 2026 – 10 juillet 2027



Photos : André Zucca / BHVP / Roger-Viollet


Entre 1940 et 1945, dans un pays occupé, sous couvre-feu, rationné, les salles de cinéma ne désemplissent pas. Pourquoi s’y rend-t-on et qu’y voit-on ? Des romances légères, des comédies, des films historiques et des adaptations littéraires, des films policiers, fantastiques, animent les écrans de Paris et de province. Glissés entre les images, des actualités et des documentaires de propagande portent, à l’instar des films de fiction, des sous-textes idéologiques que les spectateurs lisent sans forcément les nommer.


L'exposition part de cette expérience ordinaire — entrer dans une salle, s'asseoir, regarder — pour en déplier les couches. Elle reconstitue un paysage : une industrie encadrée de toutes parts et soumise à la censure, des équipes qui bricolent dans la pénurie pour créer des films souvent éblouissants, un public qui interprète, des images qui disent plus (ou moins) que ce qu'elles montrent. Entre contrôle et interstices, le cinéma de l'Occupation est un révélateur de la France de ces années-là — dans toute son ambiguïté.


De la reprise à l’emprise : une industrie sous contraintes

Pendant les années d’Occupation, le cinéma français connaît une profonde transformation. Pour sortir de la crise des années 1930, le Comité d’organisation de l’industrie cinématographique (le COIC), placé sous l’autorité du ministère de l’Information et de l’Occupant, réorganise et encadre strictement toute la profession. La production bénéficie d’un soutien financier, mais elle est aussi soumise à la censure française et allemande, touchant à la fois scénarios et les professionnels juifs ou interdits. Parallèlement, les spoliations et la suppression des doubles programmes réduisent le poids des films français. Sous couvert d’un « assainissement » et d’une ambition européenne de l’Axe, le système favorise surtout les films allemands, tandis que dans les studios, les équipes sont confrontées aux pénuries et doivent faire preuve d’ingéniosité pour créer.


Distraire ou convaincre ? Un cinéma « rose »

La relance du cinéma passe par un programme de production, qui s’illustre au premier abord par une variété de genres : films sentimentaux (Premier rendez-vous), policiers (L’assassin habite au 21), musicaux (Romance de Paris), fantastique (Les Visiteurs du soir), drames (Le Corbeau), films à costumes (Le Comte de Monte-Cristo). Les comédies, de Farandole à Mademoiselle Swing dominent et sont des dérivatifs à la morosité de la guerre et de l’Occupation. Par leurs emplois et la qualité de leur jeu, les vedettes et comédiens à l’instar de Danielle Darrieux, Pierre Fresnay, Edwige Feuillère, Arletty ou encore Maurice Chevalier et Tino Rossi renforcent une fréquentation qui connait de belles heures, malgré les difficultés.

La reprise passe également par l’apparition d’une nouvelle génération de metteurs en scène au moment où d’autres sont empêchés de travailler et doivent fuir le territoire. Christian-Jaque, Henri-Georges Clouzot, Robert Bresson, Jean Delannoy ou Louis Daquin rejoignent des auteurs déjà reconnus comme Marcel Carné, Sacha Guitry, Henri Decoin…


Les sujets occultent les difficultés car le but est d’enchanter et de distraire les spectateurs pour faire accepter la présence de l’occupant. « Marché noir, terreur blanche, bibliothèque rose », proclamera l’Ecran français dans sa critique du cinéma de Pétain en mars 1944. Dans certaines réalisations, l’idéologie de la Révolution nationale (travail, famille, patrie – et religion) s’exprime plus clairement. Mais la notion de patrie est partagée aussi par les détracteurs de Vichy. Et nombre de films, des adaptations aux bluettes, comportent des allusions à la situation, y compris des films de la Continental, firme française à capitaux allemands.


Dans les actualités, la guerre est noyée dans un ensemble de sujets mineurs. De l’automne 1940 à l’été 1944, le discours est clairement orienté en faveur de l’Axe, qui autorise d’abord à Vichy à avoir son propre journal en zone libre, avant de contrôler les opérations sur l’ensemble du territoire. La comparaison des journaux montre comment à travers le discours des forces en présence – Vichy, l’occupant, les Alliés ou de la résistance – s’écrit l’information et se pratique la désinformation.



Auteur inconnu, Deutsches Soldatenkino Le Grand Rex, Fonds Patrice Labouet, c.1940-1942 ©Fondation Pathé


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L’exposition présentera des documents inédits, parmi lesquels de nombreuses affiches originales, documents publicitaires et photographies de films et de salles de cinéma, photographies de tournage en stéréoscopie, des dessins et maquette d’affiches inédites du Corbeau et des Enfants du paradis, ainsi que des dossiers de censure, cartes de travail et Ausweiβ, caméras d’opérateurs d’actualités et carnet de note, etc. Sans oublier bien sûr, des extraits emblématiques de films de fiction ainsi que des actualités de l’époque, restituant l’expérience d’un spectateur de ces années-là.


SCOLAIRES : Offre éducative

Nous proposons un atelier et plusieurs formats de visite adaptés aux classes de la 3e à la Terminale

Consultez ici le détail 


Commissariat :

Stéphanie Salmon, directrice des collections, Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Célia De Saint Riquier, doctorante à l’Ecole nationale des chartes.


Autour de l’exposition

Catalogue de l’exposition :

Textes de Patrice Brion, Claire Daniélou, Célia De Saint Riquier, Axel Huyghe, Christine Leteux, Stéphanie Salmon, …


Programmation :

Cycle de projections de films muets « Pacifisme et Résistances », fin décembre 2026 et janvier 2027.

Cinémathèque Pathé : « Pathé sous l’Occupation ». Dates à venir.


Colloque « Le cinéma des années noires » le 15 janvier 2027. Programme à venir.


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