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PROJECTIONS

Salle Charles Pathé

Ven. 15 Octobre 2021 à 16h30

Ven
15
OCT
16h30
Programme "Représentations du Japon" (1h30)

Depuis 1982, le festival international LE GIORNATE DEL CINEMA MUTO de Pordenone est présenté annuellement dans la région du Frioul en Italie. La 40ème édition du festival se déroule cette année du 2 au 9 octobre, orchestrée par son directeur Jay Weissberg. La Fondation Jérôme Seydoux - Pathé propose une sélection de films issus de cette magnifique programmation du 13 au 26 octobre 2021.

La séance du vendredi 15 octobre à 16h30 est accompagnée par Emmanuel Birnbaum, fondateur de l'Ecole française de Piano. 

La séance du vendredi 15 octobre à 16h30 est présentée par Véronique Mattiussi, chef du centre de Recherche au musée Rodin et responsable scientifique du fonds historique.

La séance suivante est accompagnée par un pianiste issu de la classe d'improvisation de Jean-François Zygel (Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris).

 

Programme "Représentations du Japon" (1h30)


Love of Chrysanthemum, 1910 (14’)

Production : Vitagraph
Avec : Maurice Costello

La jeune Chrysanthème est malheureuse dans son mariage avec Sayo, un homme riche et plus âgé qu’elle. Vance Redmond, un touriste américain, arrive et la séduit.

DCP, Library of Congress
 

Hako’s sacrifice, 1910 (12’)

Production : Vitagraph
Avec : Florence Turner?, Adele de Garde, William Humphrey?

Le bossu Hako est vendu comme esclave à un pêcheur cruel. S'apitoyant sur son sort, la petite Morning Glory lui offre un chrysanthème, qu'il cache à son maître et arrose la nuit.

DCP, UCLA Film & Television Archive

 

Ito, the beggar boy, 1910 (13’)

Production : Vitagraph
Avec : Adele de Garde, Shea?

Ito et sa mère, des mendiants, arrivent chez Lord Idzu et Lady Wisteria, un couple riche mais sans enfants. La mère d'Ito, affamée, meurt et Lady Wisteria convainc son mari d'accueillir l'enfant.

DCP, Filmoteka Narodowa
 

Lors de la semaine de sortie du premier de ces films, The Love of Chrysanthemum, le Moving Picture World (28/05/1910) publie en première page un éditorial intitulé « L'invasion japonaise » – également le titre d'un film de 1909 produit par Kalem et anticipant une future guerre entre le Japon et les États-Unis. Tout en évoquant la crainte de l'émergence d'une puissance impériale rivale dans le Pacifique, cet éditorial souligne que la plupart des représentations populaires du Japon aux États-Unis (y compris dans les trois productions Vitagraph projetées lors des Giornate de cette année) donnent une image beaucoup plus charmante du pays. Ces représentations s'appuient en effet sur une tradition qui remonte notamment au récit de John Luther Long Madame Butterfly (1898) et à ses adaptations par Belasco en pièce de théâtre (1900) et par Puccini en opéra (1904). Le début du XXe siècle voit arriver une série de pièces « japonaises »  – en 1910, les lycées de Brooklyn les mettent en scène. L'industrie cinématographique naissante alimente la tendance : Kalem produit ainsi The Geisha Who Saved Japan ainsi que The Japanese Invasion en 1909, et Edison A Japanese Peach Boy en 1910.

Les trois films Vitagraph diffèrent de ces pièces et ces films sur un point important. Alors que les personnages japonais des films Kalem et Edison sont, pour autant que je sache, tous joués par des Européens ou des Européens-Américains, une grande partie des acteurs des films Vitagraph sont japonais ou américano-japonais. Les rôles principaux sont joués par des Européens-Américains, généralement par des membres réguliers de la société Vitagraph, mais tous les rôles secondaires sont tenus par des Japonais. D'où pouvaient venir ces acteurs ? L’hypothèse la plus évidente est que Vitagraph a recruté une troupe théâtrale japonaise. En 1910, ce qui était décrit comme des « troupes japonaises » font des apparitions dans des vaudevilles, mais il semble qu'il s'agissait de jongleurs et d'acrobates, ce que les figurants de ces films ne semblent pas être. En 1907 et 1909, la célèbre actrice japonaise Hanako (Hisa Ōta) part en tournée aux États-Unis avec sa troupe, se produisant en japonais et faisant l'objet de reportages dans les journaux et les revues spécialisées de l'époque. On ignore néanmoins si certains de ses collègues artistes sont restés en Amérique. Il n'y avait que quelques milliers de Japonais à New York en 1910, mais c'était suffisant pour alimenter un journal en langue japonaise, et d'autres troupes ont pu échapper à la presse anglophone, professionnelle ou non.

En raison de la présence de ces acteurs japonais, certains ont formulé l’hypothèse que ces films avaient été réalisés au Japon. Cependant, je ne pense pas qu'il y ait le moindre doute sur le fait qu'ils ont été tournés dans le studio Vitagraph sur la Flatbush Avenue, à Brooklyn. Les trois films utilisent en effet le bassin du studio, construit en 1909 pour les scènes aquatiques. Habituellement, cela conduit à un angle de caméra caractéristique, légèrement incliné vers le bas, de sorte que la surface de l'eau s'étend jusqu'au haut de l'écran, et que les autres rives de la rivière ou du lac supposé, ou l'horizon de l'océan, se retrouvent hors champ. Dans The Love of Chrysanthemum et Ito, the Beggar Boy, les réalisateurs ont également installé une toile de fond peinte derrière le bassin, qui dépeint un pont japonais à grande arche au-delà de l'eau. En faisant cela, ils ont utilisé le bassin de la manière dont les bassins de studio ont été utilisés depuis lors.

En ce qui concerne les acteurs américains jouant les rôles principaux, vous noterez que certains des noms des acteurs figurant dans nos génériques sont assortis de questions – peut-être devraient-ils tous l'être. Pour autant que je sache, il n'existe aucune documentation contemporaine sur le personnel des films Vitagraph de cette période, et la filmographie ultérieure est truffée d'informations erronées à leur sujet. Nous ne pouvons pas nous fier à des sources écrites pour les génériques de ces films ; pour identifier les acteurs des films Vitagraph de 1910, il faut les reconnaître. Les identifications des acteurs ci-dessus sont de mon propre fait, bien que j'aie fait vérifier certaines d'entre elles auprès d'autres ; celles accompagnées de questions sont celles dont je suis moins sûr, et qui pourraient être contestées.

Identifier les réalisateurs est encore plus difficile. Ces trois films diffèrent tellement par leur style qu'on a l'impression qu'ils ont été réalisés par trois personnes différentes. Je pense que Van Dyke Brooke est le réalisateur d'Ito, the Beggar Boy, car le film présente tout ce qui le caractérise : cadrage moyen-long, mise en scène en profondeur et possibilité pour les acteurs de tourner le dos à la caméra. Ces trois caractéristiques sont toutes présentes dans le plan remarquable où le pêcheur amène l'enfant de la famille et Ito, apparemment mort, sur la rive où attendent le père et la mère ainsi qu'un groupe de serviteurs. Celui derrière The Love of Chrysanthemum semble beaucoup moins assuré – comme en témoigne le cut maladroit dans le jardin où les personnages sortent par la gauche et entrent ensuite du même côté en avançant. Hako’s Sacrifice a des cadrages plus rapprochés que les deux autres, bien que certains d'entre eux soient destinés à permettre au spectateur de lire la pancarte annonçant le concours de chrysanthèmes au-dessus des épaules des personnages. Si j'ai raison et que William Humphrey apparaît bel et bien dans ce film, il pourrait tout aussi bien en être aussi le réalisateur.

Les intrigues des trois films peuvent être résumées brièvement :

Dans The Love of Chrysanthemum, la jeune Chrysanthème est malheureuse dans son mariage avec Sayo, un homme riche et plus âgé qu’elle. Vance Redmond, un touriste américain, arrive et la séduit. Elle croit son amour sincère, mais le voit ensuite flirter avec Alice Langley. Sayo se rend compte de l'amour de Chrysanthème pour l'Américain et s'apprête à la tuer, mais se ravise ; elle ramasse alors le couteau qu'il a laissé tomber et se poignarde elle-même, sa servante Fusi sanglotant à ses pieds. Un synopsis détaillé publié en février 1911 dans The Motion Picture Story Magazine, avec des photographies, fournit les noms des personnages.

Ito, the Beggar Boy: Ito et sa mère, des mendiants, arrivent chez Lord Idzu et Lady Wisteria, un couple riche mais sans enfants. La mère d'Ito, affamée, meurt et Lady Wisteria convainc son mari d'accueillir l'enfant. Un an plus tard, l’évènement tant espéré se produit et elle donne naissance à une petite fille, Clover Blossom, à laquelle Ito est dévoué. Un jour, celle-ci demande à Ito de l'emmener en bateau sur le lac, mais une tempête se lève soudainement et ils sont secourus par un pêcheur. Réalisant qu'Ito a risqué sa vie pour protéger Clover Blossom, le seigneur et la dame remercient le ciel pour leurs deux enfants.

Hako’s Sacrifice: Le bossu Hako est vendu comme esclave à un pêcheur cruel. S'apitoyant sur son sort, la petite Morning Glory lui offre un chrysanthème, qu'il cache à son maître et arrose la nuit. C’est alors que le père de Morning Glory, Oguri, est mis en prison pour dettes par son rival Keiki. Lorsqu'un prince de la province offre un prix pour le plus beau chrysanthème, Morning Glory espère gagner l'argent afin de libérer son père. Hako participe également au concours, pensant pouvoir gagner sa liberté auprès de son maître, mais lorsque Keiki détruit la fleur de Morning Glory, Hako sacrifie ses chances en transplantant son propre chrysanthème dans son jardin, lui permettant ainsi de remporter le prix. 

- Ben Brewster

L’Honneur d’une japonaise, 1914 (18min46)

Réalisation : Yakov Protazanov

Production : Le Film Russe, Pathé frères
Avec : Gonako Oota (Hanako) 

Résumé : Le prince Sataké charge sa servante Akiki de porter à son frère, le prince Tessan, un lot de précieuses assiettes. En chemin, la servante est obsédée par les assiduités de Tchouta, domestique du prince Tessan. Par bonheur, son fiancé arrive à temps pour mettre fin aux insolences de l’importun. Mais Tchouta est vindicatif. Pour se venger d’Akiki, il lui subtilise adroitement deux des assiettes qu’elle a mission de porter. Arrivée auprès du prince, Akiki s’aperçoit avec stupeur de la disparition des deux porcelaines. Accusée de vol par le prince Tessan, elle ne parvient pas à le persuader de sa bonne foi.

Une restauration réalisée en 2021 par la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé et La Cinémathèque française d’après le négatif original Pathé.

Le montage et les intertitres ont été reconstitués d’après les informations de la pellicule, les documents scénaristiques Pathé conservés à la Bibliothèque nationale de France et sur le modèle de copies d’époque produites par Le Film Russe conservées à la Cinémathèque française et au CNC.

Les travaux 4K ont été réalisés par L’Image Retrouvée, Paris-Bologne.

DCP, Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

 

La Petite geisha, 1913 (33min28)

Réalisation : Yakov Protazanov

Production : Le Film Russe, Pathé frères
Scénario : S. Gavin
Directeurs de la photographie : Georges Meyer
Chef décorateur :     Cheslav Sabinsky
Avec : Gonako Oota (Hanako) ; A. Roudnizki (Orloff) ; E. Smirnova (Rayskaya)

Résumé : Le blessé russe Orloff, soigné dans un hôpital japonais, est veillé avec dévouement par l’infirmière volontaire Hanako. Il s’éprend d’elle et lui offre son nom. Sur le refus du père d’Hanako, le lieutenant Orloff l’enlève et la ramène à Moscou. Loin de son pays natal, la petite Hanako ne semble plus si jolie au volage Orloff qui lui préfère maintenant la belle Rayskaya. Hanako, résolue à se défendre, se rend chez sa rivale et la supplie humblement de ne pas troubler son bonheur.

Une restauration réalisée en 2021 par la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé et La Cinémathèque française d’après le négatif original incomplet Pathé. Aucun autre élément connu à ce jour n’a permis de compléter le film.

Le montage et les intertitres ont été reconstitués d’après les informations de la pellicule, les documents scénaristiques Pathé conservés à la Bibliothèque nationale de France et sur le modèle de copies d’époque produites par Le Film Russe conservées à la Cinémathèque française et au CNC.

Les travaux 4K ont été réalisés par L’Image Retrouvée, Paris-Bologne.

DCP, Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

 

Ces deux films constituent les seuls témoignages du jeu de la danseuse et comédienne Ohta Hisa, connue sous le nom d’Hanako, dont peu de photographies subsistent par ailleurs. L’engouement pour la Japonaise est plus ancien que la réalisation des films. « She is like a kitten, whose every movement is a success”, soulignait le New York Time du 27 octobre 1907. Elle fut d’abord remarquée par Loïe Fuller qui établit pour elle un répertoire de pièces « avec suicide ». Les journaux européens et américains, notamment français quand elle jouait La Martyre au Théâtre Moderne à Paris, décrivent ses scènes de hara-kiri, ainsi que l’expressivité de son visage jouant l’amour et la jalousie. Alors que l’Europe découvrait le théâtre kabuki, le style d’Hanako fascina une première fois la France en 1906 (Rodin, qui la rencontra alors à Marseille, en fit un modèle) et elle y revint pour une tournée dans les années 10. Son amitié avec l’épouse d’Albert Carré, directeur de l’Opéra-Comique et cousin de Michel Carré, réalisateur à la SCAGL, lui offrit la possibilité de donner plusieurs performances de Madame Butterfly, qui a pu inspirer l’adaptation de La Petite Geisha à l’écran. A Moscou en 1912-1913, elle se produit devant les élèves du Théâtre d’Art et son jeu raffiné suscite les éloges de Nicolaï Evreinov et de Vsevolod Meyerhold. Quant à l’appellation Le Film russe, déposée en 1910, elle marque la transformation de la succursale moscovite de Pathé en une production locale, dotée d’un studio. Cette mutation permet le lancement de jeunes réalisateurs. Peter Bagrov et Anna Kovalova ont ainsi récemment démontré que les deux films avec Hanako ont vraisemblablement été réalisés par Yakov Protazanov plutôt que par Kaï Hansen.

Stéphanie Salmon

 

Présentation obligatoire d'un pass sanitaire à partir de 12 ans. 

Plus d'informations

Pour découvrir toute la programmation de la fondation, consultez la frise chronologique ci-dessus.

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