24/10/2015

Pathé Américains, du 04 au 17 novembre 2015

 

PATHE AUX ETATS-UNIS

 

A partir des années 1880, la deuxième révolution industrielle apporte une nouvelle impulsion à l’économie française et change les modes de vie. C’est dans ce contexte que Charles Pathé s’intéresse dès 1894 au phonographe, en 1895 au perfectionnement du kinétoscope puis à l’invention des frères Lumières : le Cinématographe.

 

A ses débuts, Pathé frères, créée en 1896 par Charles et son frère Emile Pathé, se consacre surtout à la vente de produits phonographiques ; elle propose également des films et des appareils de prises de vue. La vente des films connaît un essor considérable à partir de 1904, grâce aux marchés étrangers. Pathé diversifie et étend ses activités à un niveau international en ouvrant des succursales à Moscou et à New York (1904), puis à Londres, Berlin, Milan, Barcelone, Amsterdam et Bruxelles (1906). La société devient l’une des principales multinationales françaises.

Le succès de Pathé aux Etats-Unis s’appuie sur nickelodeons, des salles de projection dont l’accès est modique. A la même période, la vague d’immigration qui touche les Etats-Unis crée une demande sans précédent : le cinéma est un langage universel, accessible à tous.  

Aux Etats-Unis, Pathé est désormais une société pionnière, présentant un film par jour en 1906 quand les firmes américaines n’en proposent qu’un par semaine. En 1907, 30 % des bénéfices de Pathé proviennent des Etats-Unis. La même année, une usine de tirage est ouverte sur le sol américain, à Bound-Brook, pour contourner les frais de douanes. Mais la position dominante de Pathé est peu à peu contrée après la création de la Motion Pictures Patents Company (1908), une organisation dans laquelle elle est liée à d’autres producteurs. En réaction à la concurrence, et pour cibler d’avantage le marché américain, Pathé ouvre deux studios en 1910 : l’un à Fort Lee, dans le New Jersey, l’autre à Edendale, dans la banlieue de Los Angeles. Ce dernier est dirigé par James Young Deer qui tournera des centaines de westerns jusqu’en 1914. Les films américains de Pathé sont édités sous la marque Amerikan Kinema.

 

En 1914, Pathé fonde Eclectic films, pour distribuer ses films sous couvert d’anonymat. Eclectic ouvre des dizaines d’agences à travers le territoire, avant d’être absorbé par la société Pathé Exchange qui produit et distribue les films pendant la guerre. Bien que cédée en 1921 par la partie française, Pathe Exchange poursuit une activité de production et de distribution, s’associant notamment avec les studios Hal Roach. C’est à cette société que l’on doit les premiers Stan Laurel, les films de Harold Llyod, Ben Turpin, Charley Bowers, etc.

Du 4 au 17 Novembre 2015, la Fondation Jérôme Seydoux a choisi de présenter quelques-uns des films qui ont marqué cette période américaine de la firme Pathé (westerns, burlesques et autres…) et qui témoignent de l’inventivité et la créativité des réalisateurs de l’époque.

 

Tous les films sont accompagnés au piano par les élèves de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel, en partenariat avec le Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris.