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PROJECTIONS

Salle Charles Pathé

Mar. 21 Février 2017 à 19h00

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19h00
KINETRACES PRESENTE : Léonce-Henri Burel et Abel Gance : artificiers de lumière

« L'Homme à la caméra : Du tourneur de manivelle au chef-opérateur »

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé poursuit son partenariat avec l'Association Kinétraces pour un cycle de projections en neuf séances sur les pionniers de l'image cinématographique. Venez parcourir l'histoire d'une conquête professionnelle, technique et artistique, des premiers opérateurs aux as de la manivelle.

 

 

Léonce-Henri Burel et Abel Gance : artificiers de lumière

Séance animée par Élodie Tamayo*

 

Celui qui signera la photographie du Journal d’un curé de campagne de Bresson en 1950 est âgé de seulement 26 ans quand il devient le premier chef-opérateur français crédité au générique d’un film. Il s’agit de Léonce-Henri Burel (1892-1977) pour La Dixième Symphonie d’Abel Gance, en 1918. Officiant dans les années 1910-1920, le duo Gance/Burel opère plus d’un tournant décisif dans l’évolution de l’art, de la technique et de la reconnaissance du métier de chef-opérateur. Leurs visées mobilisent tant la maîtrise de l’éclairage artificiel, que la composition des cadres, l’usage des couleurs ou la mobilité de la caméra. Leurs faits d’armes se déploient avec une rare virtuosité dans les vastes fresques lumineuses que sont J’accuse, La Roue ou Napoléon. Moins spectaculaires, mais tout aussi passionnants sont leurs essais entrepris dès le début de la Grande Guerre. Le conflit constitue à plus d’un titre un cadre de formation déterminant — une boîte de Pandore de motifs et de techniques marqués au sceau de la saturation lumineuse : avec la Grande Guerre et l’entrée dans la modernité, la lumière naturelle vacille au profit des puissances ambivalentes de l’éclairage artificiel. Lampes électriques, fusées de détresses, poudres et fumées envahissent récits, images et plateaux de tournage autour de personnages de savants fous et d’opérateurs qui le sont tout autant ! Les films choisis mettront à l’honneur la dimension expérimentale et « laborantine » de ce duo particulièrement dynamique qui releva plus d’un défi dans la conquête progressive « des pinceaux lumineux » nécessaires à leur art. 

 

* Élodie Tamayo dédie ses recherches à l’œuvre d’Abel Gance (elle rédige actuellement une thèse sur ses « évangiles de lumières », un ensemble de projets inachevés). Elle enseigne l’histoire du cinéma à l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 (en tant qu’ATER). Elle préside depuis 2016 l’association Kinétraces, qui réunit des chercheurs autour du cinéma et des arts visuels, au prisme de l’archive. 

 

Intervention de 20 à 30 min (avec présentation de documents d’archives) suivie de la projection de : 

 

Autour de La Roue (1923), 11 min

Prises de vue : Blaise Cendrars

Production : Pathé

Interprétation : l’équipe de tournage de La Roue d’Abel Gance (le réalisateur, ses acteurs, le chef-opérateur Léonce-Henri Burel ou encore le producteur Charles Pathé)

Résumé : Le tournage de La Roue est l’occasion pour son assistant Blaise Cendrars de saisir des moments de la vie de l’équipe. Il documente les conditions d’un tournage peu ordinaire : interprètes bravant les conditions atmosphériques, trains frôlant décors et opérateurs, profusion des innovations techniques.

 

La Folie du docteur Tube (1915), 14 min

Réalisation : Abel Gance 

Production : Le Film d’Art / Louis Nalpas

Photographie : Léonce-Henri Burel

Interprétation : Albert Dieudonné, le clown Di-go-mo 

Résumé : Dans son laboratoire, le savant Docteur Tube expérimente une poudre qui décompose les

rayons lumineux et, se faisant, altère la vision et l’apparence physique des êtres.

 

Les Gaz mortels (1916), 69 min

Réalisation : Abel Gance 

Production : Le Film d’Art / Louis Nalpas 

Photographie : Léonce-Henri Burel

Interprétation : Léon Mathot, Emile Keppens, Doriani, Maillard, Jean Fleury, Germaine Pelisse, Maud Richard

Résumé : Au début de la Première Guerre mondiale, un vieux savant est sollicité par le gouvernement français pour inventer des substances toxiques afin de les utiliser contre l'ennemi.

 

Copies en 35 mm et DCP en provenance de La Cinémathèque française et du CNC. 

La séance est accompagnée au piano par les élèves de la classe d'improvisation de Jean-François Zygel, en partenariat avec le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de paris. 

Pour découvrir toute la programmation de la fondation, consultez la frise chronologique ci-dessus.