AOUT
  • SAM
    8
    AOUT
  • DIM
    9
    AOUT
  • LUN
    10
    AOUT
  • MAR
    11
    AOUT
  • MER
    12
    AOUT
  • JEU
    13
    AOUT
  • VEN
    14
    AOUT
  • SAM
    15
    AOUT
  • DIM
    16
    AOUT
  • LUN
    17
    AOUT
  • MAR
    18
    AOUT
  • MER
    19
    AOUT
  • JEU
    20
    AOUT
  • VEN
    21
    AOUT
  • SAM
    22
    AOUT
  • DIM
    23
    AOUT
  • LUN
    24
    AOUT
LA FONDATION JEROME SEYDOUX - PATHE PRESENTE

 

Au programme de la rentrée :

 

ATTRACTIONS, 

cinéma, forain, cirque et magie 

 

Avides de sensations spectaculaires et d’attractions renversantes ? La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé vous propose une programmation de films muets sur le monde du cirque, des attractions foraines et des illusions, du 2 septembre au 3 novembre 2020.

Au tournant des XIXe et XXe siècles, cirque et cinéma coexistent et cohabitent avec la fête foraine en Europe, et le vaudeville aux États-Unis (qui s’apparente aux « variétés » et au music-hall). Dans un même temps, de nombreux illusionnistes transportent leur art au cinéma.

Les films Lumière, Pathé et Gaumont enregistrent des vues cinématographiques de numéros de clowns, acrobates, contorsionnistes, équilibristes et jongleurs. Ainsi, à travers une pure mise en scène du mouvement, ils documentent, et aujourd’hui témoignent, tout autant de la renommée de ces cirques que de ses personnalités emblématiques et leurs performances extraordinaires : clowns du cirque Medrano, les O’mers, Foottit et Chocolat. Des prestidigitateurs comme Georges Méliès, Gaston Velle ou Léopold Fregoli explorent également les nouvelles formes cinématographiques et façonnent leur théâtre d’illusion en dévoilant leurs performances à l’écran ou en faisant du film à trucs un genre spécifique.

En plein essor, le cinéma absorbe ces arts qui l’avaient aidé à se développer en tant que spectacle. Progressivement, le cinéma narratif se saisit des performances et des personnages caractéristiques (bonimenteur, clown, écuyère, dompteur, acrobate, magicien) pour en proposer une nouvelle représentation. Le phénomène prend de l’ampleur autour de 1912, notamment au Danemark où le cirque est très présent dans les films d’Eduard Schnedler-Sørensen et d’Alfred Lind, puis dans ceux d’Anders Wilhelm Sandberg. La plupart sont portés par le talent de l’acteur de la société de production Nordisk Films, Valdemar Psilander, dont l’ultime interprétation dans Le Clown (1917) a contribué à façonner l’image romantique du clown triste, homme au cœur brisé s’excluant de la société pour survivre à son malheur. A. W. Sandberg réalisera un tout aussi brillant remake en 1926, Le Clown, avec l’acteur suédois Gösta Ekman.

Le comique physique, énergique, parfois violent, des artistes transmet une exaltation qui n’est pas sans déplaire au spectateur puisqu’elle lui permet de s’abandonner au rire, aussi bien qu’à la peur. Ces univers offrent des expériences extrêmes que le cinéma va parfois sublimer par des prises de vues innovantes. Bien que les prouesses de Harry Houdini, défiant la mort, reposent sur la performance en direct, le roi de l’évasion a recours au cinéma pour non seulement mettre en scène ses cascades et les montrer au plus grand nombre, mais aussi dans le but de les immortaliser. L’habile et ingénieux trapéziste Spaventa (Max Obal, 1928) et son gang de filles rivalisent avec lui en termes d’exploits et d’énergie. Les animaux, en particulier les plus féroces, participent à la narration. Ainsi, le dresseur de lions et directeur de cirque Alfred Schneider tourne plusieurs films en Italie, dont En pâture aux lions (Enrique Santos, 1912) dans lequel il interprète un dompteur jaloux qui livre aux lions sa fiancée et son amant.

La piste circulaire, les foires, les coulisses des spectacles apparaissent comme des lieux privilégiés où se concentrent les schémas classiques du récit dramatique : amitié, triangle amoureux, rivalité, convoitise et trahison. Ils sont aussi l’endroit où les orphelins et les réprouvés trouvent refuge. Dans La Galerie des monstres (Jaque-Catelain, 1924), Croquette (Louis Mercanton, 1927), Le Gosse du cirque (George B. Seitz, 1928) ou Erik le mystérieux (Paul Fejos, 1929), le cirque devient un foyer, une famille exempte de tout jugement. Dans La dernière attraction (Olga Preobrazhenskaya et Ivan Pravov, 1929), un commissaire de l’Armée rouge s’y cache afin d’échapper aux Russes blancs, non sans avoir tenté préalablement d’organiser la troupe et d’introduire l’agitprop dans le spectacle. Le cinéma soviétique a recours au cirque comme un instrument politique pour encourager le peuple à la prise de conscience des problèmes politiques et sociaux qui se posent à lui.

Si aux États-Unis, les préoccupations sont davantage tournées vers l’attraction et le spectacle - les cartoons empruntent aux codes des numéros de vaudeville et du cirque en misant sur la surprise et l’attraction visuelle (Koko le clown, It’s the Cat des frères Fleischer, 1926) – le cirque n’en reste pas moins un lieu fortement hiérarchisé et hermétique, animé par des rapports de force. La concurrence est sans pitié dans Le Cirque maudit (Erle Kenton, 1928). La pègre fait régner sa propre loi dans le milieu des foires dans Tragédie foraine (Tay Garnett, 1928) tout comme dans La Roue du diable (Leonid Trauberg et Grigori Kozintsev, 1926). Avec Le Cirque (1928), Charlie Chaplin plonge, toujours avec humour, dans une introspection sur son rôle d’artiste soumis aux exigences économiques et au jugement du public. Pour Larmes de clown (1924), film américain de Victor Sjöström, Lon Chaney est l’homme qui a été giflé et dont l’humiliation provoque le rire du public. Issu du vaudeville, comme le réalisateur Tod Browning, Lon Chaney est un expert en déguisement et en maquillage. Fruit de leur prolixe collaboration, L’Inconnu (1927) est un mélodrame inquiétant sur l’amour fou entre un assassin dissimulé dans un cirque et la fille du directeur (interprétée par Joan Crawford).

 

Véritable métaphore de la condition humaine, le cirque donne à voir, à rire, à éprouver et à réfléchir. En mettant à l’honneur ce monde à la fois extravagant et hors du temps, ce cycle s’adresse à tous les publics et permet de retrouver son âme d’enfant devant les numéros déjantés de clowns, d’acrobates et de dompteurs de fauves sous le chapiteau des grands cirques du siècle passé.

 

En lien avec cette programmation, l’exposition « Au royaume des illusions » explore l’imaginaire des arts circassiens et de la magie grâce à des affiches, des photographies et de nombreux documents publicitaires. Et, afin de mieux comprendre ce lien si particulier qu’entretiennent ces arts entre eux, la Fondation Pathé donne la parole à plusieurs spécialistes lors d’un cycle de neuf conférences.

Toutes les séances sont accompagnées par les pianistes issus de la classe d'improvisation de Jean-François Zygel (Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris).

Pour découvrir toute la programmation de la fondation, consultez la frise chronologique ci-dessus.

TÉLÉCHARGER LE PROGRAMME COMPLET ICI !
Télécharger >